Ici, chez nous, au Canada, il est important que nous restions unis, en tant qu'Ontariens et Ontariennes, lorsque cela s'avère nécessaire et, au jour d'aujourd'hui, cela est nécessaire. L'Ontario n'est pas traité de façon équitable par Ottawa, et si nous ne restons pas unis, si nous ne défendons pas nos intérêts, personne d'autre ne le fera. Passons brièvement en revue les avancées que nous avons faites en Ontario depuis ces quelques dernières années et notre situation actuelle.

Les Ontariens et les Ontariennes, qui travaillent d'arrache-pied et qui collaborent efficacement ensemble, ont accompli beaucoup de choses au cours de ces cinq dernières années. Nous avons des effectifs de classe réduits, de meilleurs résultats aux tests ainsi que des taux d'obtention de diplôme plus élevés. Nous avons à l'heure actuelle le taux d'inscription aux études postsecondaires le plus élevé du monde occidental. Nous avons réduit les temps d'attente, et 630 000 Ontariens et Ontariennes supplémentaires ont désormais un médecin qui les prend en charge. Nous avons créé une ceinture de verdure plus grande que l'Île-du-Prince-Édouard, dont les familles ontariennes pourront profiter éternellement. Comparé à il y a cinq ans, nous avons 450 000 emplois de plus et le chômage est à la baisse.

Objectivement, nous avons fait de véritables progrès ensemble, mais à l'heure actuelle, les Ontariens et les Ontariennes sont inquiets. De forts vents économiques soufflent à l'horizon et, ici, chez nous, nous avons l'impression que ces vents se manifestent sous la forme d'un dollar élevé, d'un prix de l'essence qui augmente et d'un partenaire commercial américain gravement affaibli. Encore une fois, grâce aux efforts des Ontariens et des Ontariennes, nous avons en place un plan solide qui contribue à faire croître notre économie, ce qui fait que nous sortirons de ce ralentissement économique mondial plus forts que jamais.

Notre plan comporte cinq éléments clés. Nous supprimons les taxes professionnelles. Nous investissons dans l'économie verte par le biais de l'innovation. Nous investissons dans l'infrastructure comme jamais auparavant. Nous faisons équipe avec les entreprises pour les aider à devenir plus fortes et nous avons créé le programme de recyclage professionnel le plus important du Canada. Ensemble, nous prenons les dispositions nécessaires en Ontario, afin de renforcer notre économie et de créer de nouveaux emplois. Cependant, nous pourrions prendre des mesures supplémentaires, plus rapidement, si nous étions traités de façon équitable par Ottawa. Laissez-moi vous donner des précisions.

Depuis ces 50 dernières années, nous versons des paiements de péréquation, dont le montant dépasse les 100 milliards de dollars, aux autres provinces canadiennes. C'est presque la moitié du total des fonds versés au programme de péréquation sur un demi-siècle; néanmoins, nous n'avons pas reçu un seul cent ici, en Ontario. Cela ne nous dérangeait pas vraiment. À vrai dire, cela nous allait très bien.

Nous avons versé ces sommes parce que c'était la bonne initiative à prendre, parce que cette contribution permettait aux autres provinces de bâtir des économies plus fortes. Elle permettait aux autres provinces de créer des opportunités pour leurs résidents, de telle sorte que tous les Canadiens et Canadiennes puissent tirer profit de cette formidable aventure, de cette glorieuse entreprise que l'on appelle le Canada. Nous avons contribué à la péréquation parce que c'était juste, parce que c'était la bonne mesure à prendre. Il s'agissait d'un acte canadien, d'un geste équitable.

Les Ontariens et les Ontariennes croient au principe d'équité. Cela définit notre identité et notre manière de vivre. Nous croyons également que l'équité est une rue à double sens. Nous nous sommes montrés équitables envers nos compatriotes et nous aimerions aujourd'hui qu'Ottawa nous réserve le même traitement. En vertu des règles fédérales actuelles, l'Ontario transfère plus de 20 milliards de dollars aux autres provinces du Canada. Nous agissons ainsi en dépit du fait que certaines de ces provinces sont aussi prospères que nous, en partie grâce à la réussite du programme de péréquation.

Les économistes nous disent désormais que la province de l'Ontario elle-même pourrait être admissible à la péréquation. Le phénomène est assez facile à comprendre. Si vous êtes le centre du secteur manufacturier canadien (ce que nous sommes) et que ce secteur subit un coup dur partout en Amérique du Nord (ce qui est le cas), et si d'autres provinces s'enrichissent en raison de l'augmentation du prix de l'essence (ce qui est le cas), ces provinces vont s'enrichir plus rapidement que la nôtre. C'est comme cela que nous sommes devenus admissibles à la péréquation.

La bonne nouvelle est que la péréquation a été conçue en tenant compte de ces circonstances précises (comme si nous souscrivions à un régime d'assurance depuis 50 ans). Nous n'en avons pas eu besoin jusqu'à maintenant et, heureusement, si nous en avons besoin, elle est à notre disposition.

Parlons à présent de la mauvaise nouvelle. L'un des secrets les plus mal gardés d'Ottawa est qu'il ne faut jamais permettre à l'Ontario de bénéficier de la péréquation. Contrairement aux neuf autres provinces, on nous dit que nous devons uniquement être un contributeur de notre programme d'assurance national, et jamais un bénéficiaire. Cela coïncide assez mal avec le fait que, malgré un récent rapport de la Banque TD expliquant que l'Ontario pourrait être admissible à la péréquation dans deux ans, aucun des programmes des partis fédéraux ne l'inscrit au budget.

À ce propos, si jamais nous obtenions le budget de péréquation qui nous est dû, savez-vous d'où viendraient les fonds? Comme le rapport de la Banque TD l'affirme clairement, ces fonds viendraient de nous, de la fameuse enveloppe de 20 milliards de dollars que nous envoyons à Ottawa, qui les distribue ensuite au reste du pays. Cela signifie en effet que nous nous autofinancerions, ce qui est absurde.

Les Ontariens et les Ontariennes ont besoin de savoir quelle est la position des partis fédéraux sur cet enjeu. J'ai donc écrit à tous les leaders et je rendrai leurs réponses publiques. J'ai également soulevé quatre autres préoccupations spécifiques que les Ontariens et les Ontariennes veulent que l'on aborde.

Premièrement, les travailleurs de l'Ontario qui sont au chômage perçoivent 4 600 $ de moins en prestations d'assurance-emploi par rapport aux autres provinces canadiennes. C'est une somme qui aiderait les parents ayant perdu leur emploi à payer leur prêt hypothécaire, à acheter à manger et à suivre la formation dont ils ont besoin pour retourner sur le marché du travail.

Deuxièmement, on prive les familles ontariennes de presque 800 millions de dollars chaque année au chapitre de leurs soins de santé. Pour ce qui est des soins de santé, nous avons moins d'avantages que les autres Canadiens et Canadiennes.

Troisièmement, Ottawa effectue des investissements régionaux axés sur le développement économique pour les Canadiens et les Canadiennes qui vivent dans les régions de l'Atlantique, dans le Nord, au Québec et même dans l'Ouest, mais il n'existe, pour ainsi dire, aucun programme destiné au Sud de l'Ontario, qui n'est autre que le lieu de résidence de plus de 10 millions de Canadiens et de Canadiennes. Nous sommes véritablement au cœur du secteur manufacturier canadien.

Quatrièmement, notre province reçoit presque un milliard de dollars de moins que ce qu'elle devrait toucher pour les investissements dans l'infrastructure, comparativement au financement accordé aux autres gouvernements. Ce sont des cas évidents d'inéquité. J'ai demandé à ce que les leaders des partis fédéraux apportent des réponses concernant tous ces enjeux, d'ici au 3 octobre. Comme je le disais précédemment, je ferai part de ces réponses à tous les Ontariens et Ontariennes.

Entre-temps, nous avons lancé une pétition en ligne que tous les Ontariens et Ontariennes peuvent signer. Elle nous permettra d'envoyer un message collectif à tous les leaders fédéraux. L'adresse de notre site Web est http://www.ontario.ca/fr/your_government/mia/ONT06_024122.html.

J'aperçois Len Crispino de ce côté-ci, et je tenais à féliciter la chambre de commerce de l'Ontario pour sa campagne « Act Now for Ontario » (Agir aujourd'hui pour l'Ontario). La chambre de commerce fait preuve, une fois de plus, d'un véritable leadership en ce qui a trait à ces enjeux.

Je demande également aux Ontariens et aux Ontariennes, à titre individuel, de soulever ces questions en communiquant avec les candidats locaux qui font du porte-à-porte, lors des débats et dans leur correspondance.

Allons maintenant au fond des choses. Je sais que pour certains et certaines d'entre nous, en tant qu'Ontariens et Ontariennes, nous ne sommes pas tout à fait à l'aise quand il s'agit de s'affirmer. Je crois cependant que nous pouvons tirer profit de l'expérience de nos compatriotes. Nous devons faire ce que les fiers Canadiens et Canadiennes des autres provinces ont toujours fait. Lorsque cela est nécessaire, nous devons nous serrer les coudes. Nous devons défendre nos intérêts, parce que personne ne le fera à notre place.

Le 14 octobre, les Ontariens et les Ontariennes éliront plus d'un tiers des députés du Canada. Nous avons largement notre mot à dire dans la formation du nouveau gouvernement et le choix du premier ministre. Maintenant, en tant qu'Ontariens et Ontariennes, il est vrai que nous pouvons avoir nos différences dans différents domaines - du contrôle des armes à feu à la meilleure façon de faire croître notre économie - mais lorsqu'il s'agit de l'équité au sein de notre province, nous devons rester solidaires. Il ne peut pas y avoir d'ambiguïté entre nous.

Il y a environ 500 personnes qui font le tour de notre province aujourd'hui dans le but d'obtenir un siège fédéral de l'Ontario à la suite de cette élection. Il faut que nous leur disions : nous ne sommes pas à la recherche de personnes hésitantes, timides ou repliées sur elles-mêmes.

Nous cherchons les champions de l'Ontario, à la fois dynamiques, enthousiastes et sûrs d'eux. Il faut que nous demandions à nos candidats : êtes-vous prêts à vous battre pour nous, à Ottawa, pour que nous puissions conserver davantage de notre propre argent ici, en Ontario, venir en aide à nos chômeurs, offrir de meilleurs soins aux malades et bâtir une économie plus forte?

Êtes-vous prêts à défendre les intérêts de l'Ontario, où habitent 13 millions de fiers Canadiens et Canadiennes qui sont totalement déterminés à construire un brillant avenir pour eux-mêmes et notre pays? Êtes-vous prêts à défendre les intérêts de ceux et celles qui ne demandent rien de plus que de conserver une plus grand part de nos propres ressources, afin que nous puissions accomplir notre mission?

Mes amis, vous et moi avons l'occasion, lors de cette élection, de transmettre un message clair à Ottawa : donnez-nous l'équité. Bâtissons un Ontario plus fort pour un Canada plus fort.

Je vous remercie infiniment.


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